Rendez-vous le 20 mai de 18h à 20h pour une double signature avec Alexandra Midal.
Une présentation par l'autrice sera faite de ses deux ouvrages : La puissance des images - Empire books - et Sorcières du design - Mudac éditions -
- La puissance des images croise Art X (1952) de Ray et Charles Eames, George Nelson et Alexander Girard avec la Knowledge Box (1962) de Ken Isaacs, deux pédagogies révolutionnaires de l’art et du design par l’image. Héritières des dispositifs immersifs de projections du XIXe siècle d’une démocratisation du savoir à grande échelle, ces avalanches d’images expérimentales procèdent par un court-circuit des raisonnements inductifs, l’abolition des frontières entre les disciplines, et entre les champs de la connaissance et de l’apprentissage. Loin d’être des cas d’étude du passé, elles tentent de contrecarrer la perte d’attention liée aux séductions technologiques de la vision et leur impact, une préoccupation dont nous faisons l’expérience encore aujourd’hui.
- Sorcières du design croise le design et la figure séditieuse et féministe de la sorcière, à partir de l'histoire de la secte messianique, socialiste, utopique et égalitaire des Shakers au XVIIIe siècle. À partir de l'histoire d'Ann Lee, fondatrice en 1774 de la secte égalitaire des Shakers, Sorcières du design croise le design shaker – célèbre pour ses fauteuils à bascule, ses balais plats et d'autres objets emblématiques – avec la figure séditieuse de la sorcière. En 1837, des transes extatiques bousculent l'ordre établi des rituels : la secte entre alors dans « l'ère des manifestations ». Animées par l'esprit d'Ann Lee, des sœurs indociles se mettent à vibrer, tournoyer et détourner les objets du design pour reconquérir la liberté qui leur a été insidieusement enlevée au fil des décennies. Un récit où l'histoire du design se mêle à l'insoumission, la transe et la puissance créatrice des femmes.
Historienne et théoricienne du design, professeure ordinaire en histoire et théorie de l’art et du design à la HEAD–Genève/HES-S, Alexandra Midal associe une pratique d’artiste et de commissaire d’exposition indépendante à une recherche en culture visuelle qu’elle traduit dans des œuvres, des expositions, des livres et des films. Elle a publié de nombreux ouvrages (La Manufacture du meurtre ; Antidesign, petite histoire de la capsule d’habitation en images ; Design, l’anthologie ; Introduction à l’histoire du design ; Matali Crasset…), dirigé de nombreux catalogues et publié des essais dans des revues et catalogues internationaux (MoMA, MOCA, Centre Pompidou, Walker Art Center, etc.). Commissaire d’exposition indépendante pour des musées MAMVP, MAMC, MUDAM, Wolfsonian Museum, MUDAC, etc., Midal a été directrice de la Biennale de design de Ljubljana BIO28, du FRAC Haute-Normandie, assistante de Dan Graham, responsable de la Design Project Room de la HEAD–Genève, où elle a organisé de nombreuses expositions : Carlo Mollino ; Marguerite Humeau ; Auger-Loizeau ; Superstudio ; Noam Toran, etc. En collaboration avec des artistes, des chercheurs et des commissaires d’exposition, Alexandra Midal explore de nouveaux formats de la pensée intitulés Abecedarium et, depuis 2009, elle développe une perspective critique de l’histoire des idées via des films de théorie visuelle.
