{"product_id":"je-suis-marilyn","title":"Je suis marilyn","description":"Elle ne voulait pas devenir blonde, elle a abusé des médicaments en raison des\ndouleurs sévères causées par une endométriose, ses règles la pliaient en deux de\nsouffrance. Comme nous toutes. Elle a permis à Ella Fitzgerald, interdite de la\nsalle mythique du Mocambo d’y accéder, et d’y accéder par la grande porte alors\nque les Noir.es, même célèbres, devaient utiliser un escalier de service; elle\ns’est engagée pour la défense des minorités, des précaires, au côté des\npacifistes, dans un pays qui a employé l’arme nucléaire; elle a défendu son\nmari, Arthur Miller, pendant la chasse aux sorcières, au risque de sa carrière\nencore; elle s’est élevée pour la défense des personnes LGBT+, elle fut la\npremière (après les pionnières oubliées de 1910) et la seule à créer sa propre\nmaison de production, « Les Marilyn Monroe Productions », afin de s’opposer à la\ndictature impitoyable des studios; il fallut attendre 40 ans pour qu’une telle\nexpérience soit à nouveau tentée. En cela, elle fut et demeure unique. Marilyn,\ndont l’image continue de générer un revenu annuel estimé par Forbes en 2012 à 27\nmillions de dollars, ce qui en fait l’icône féminine la plus lucrative de tous\nles temps; qui, encore aujourd’hui, fait doubler les ventes quand un magazine la\nmet en couverture, que l’on rencontre mille fois par jour, sur l’affiche du 65e\nFestival de Cannes, dans plus de cent ouvrages en France, qui fait l’objet d’une\nmémoire et d’un culte aussi vivant qu’inédit, continue à passer pour une idiote,\nune Dumb blonde comme a écrit et chanté l’intelligente Dolly Parton, manière\nd’ironiser sur les idiots. Faites l’expérience, regardez autour de vous, dans\ncette pièce où vous lisez, vous trouverez, une image, une phrase, une trace de\nMarilyn. Elle est devant nos yeux la personne la plus maltraitée et la plus\ninvisibilisée. Je parle de sa personne. Son corps, lui, en a fait la femme la\nplus photographiée du monde. Ainsi, concentre-t-elle tous les a priori sur notre\ngenre, y compris l’invisibilisation de notre « personne ». Des êtres à qui l’on\nne permet pas d’apprécier le maquillage, les robes éblouissantes, les escarpins,\nsous peine d’être traitées d’imbéciles. Aujourd’hui commence à peine (à peine\noui) une forme de réhabilitation : « Chaque chose doit resplendir à son heure,\net cette heure est celle où des yeux véritables la regardent », a écrit la poète\nMarina Tsvetaïeva. On pense à Pauline Oliveros, accordéoniste et compositrice\nétasunienne légendaire, précurseuse de la musique minimaliste et des musiques\nélectroniques, dont le titre sorti en 1970 : « À Valerie Solanas et Marilyn\nMonroe, pour reconnaître leur désespoir », réunissait avec justesse les deux\nrésistantes. J’ai décidé d’écrire ce modeste essai suite à une colère froide.\nL’actrice Agnès Jaoui avait osé dire dans un discours du 20 novembre 2020 lors\nde la troisième édition des Assises pour l'égalité, la parité et la diversité\ndans le cinéma et l'audiovisuel : « J’étais fascinée par Marylin Monroe avant de\nréaliser que j’avais voulu ressembler à une idiote ». Cette parole devant un\npublic féministe fut plébiscitée et relayée comme « une parole poignante » sans\nque personne de Télérama à BFM ne la remette en cause. Je suis Marilyn est ma\nréponse, car à travers Norma Jean, « je » mets en jeu la citoyenne parlante,\nobsédée par elle depuis l’enfance, ce dont je ne me suis jamais cachée, mais\ncombien j’ai été moquée pour ce tropisme jugé l’une de mes faiblesses; avec\nl’impression que je n’avais pas les mots pour déconstruire cette supposée «\nidiotie » qu’on lui colle à la peau. Une petite orpheline sans ressources, une\nfillette violée par de vieux dégueulasses dans ses familles d’accueil aurait pu\ndevenir une telle icône sans faire appel à une volonté, une sensibilité, une\nintelligence hors du commun ? Elle osa évoquer ces abus à une époque où la\nhonte, le tabou retombait sur les victimes, jamais sur leurs agresseurs. Aux\njournalistes venus la démolir après avoir ébruité qu’elle avait posé nue pour un\ncalendrier, et qui lui demandèrent : « qu’aviez-vous mis pour cette séance ? »,\nelle avait répondu du tac au tac : « la radio ». C’est une réponse d’idiote ça ?\nJe suis Marilyn, récit en autofiction, en quête, mêle ses fragments à ceux du\nsiècle, en toute intimité. Amie, amante, sœur, alliée, exemple, au côté des\nfemmes trans qui l’ont incarnée, je proclame avec une infinie fierté : « Je suis\nMarilyn ». Comme nous toutes.","brand":"DOD \u0026 CIE","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":67880795210037,"sku":"9791098517945","price":7.5,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0870\/9023\/3653\/files\/573a5fd4-b135-4744-9d31-a118b8c82800.jpg?v=1792489924","url":"https:\/\/librairiesanstitre.com\/products\/je-suis-marilyn","provider":"librairie sans titre","version":"1.0","type":"link"}