Autoportrait à : Performer les identités relationnelles
- Auteurs: Patricia Allio, Florian Gaité
- Éditeurs: AUTONOMES
- Date de publication: 2025-09-22
- Pages: 240
- Dimensions: 240mm x 160mm
Cet ouvrage explore le geste d’écriture « l’Autoportrait à » et la notion
d’identité relationnelle. Tous deux reposent sur l’idée que l’autre est
constitutif du soi : nous ne sommes jamais autonomes mais traversé·es par
autrui, dans une identité plurielle, hybride et mouvante. Cette conception remet
en cause le modèle de l’ego autonome et place l’altérité au cœur même de
l’autoréférentialité et de l’autoreprésentation, en particulier dans les arts
vivants.La formule « Autoportrait à », à la fois impropre et paradoxale, crée un
langage singulier où la relation devient principe fondateur. Elle interroge : «
à qui ? à quoi ? », rappelant que chaque autoportrait inclut l’autre. Dans le
champ artistique, cela implique de considérer la scène comme un lieu où se
manifeste et s’accomplit la dimension sociale de l’identité, non comme
représentation close mais comme processus collectif et relationnel.Les
propositions artistiques réunies invitent à s’affranchir d’une vision exclusive
du soi, à déconstruire les positions de surplomb et à reconnaître l’altérité en
chacun·e. Par elles, il devient possible de questionner les rhétoriques
identitaires, l’individualisme ou la toute-puissance de l’auteur, et d’ouvrir à
une horizontalité où spectateur·ices et artistes partagent un même espace de
co-construction.Cette recherche s’inscrit dans une tradition critique (Lacan,
Levinas, Derrida, Goffman, Butler, Glissant, Anzaldúa, Muñoz) qui déconstruit
l’identité occidentale autosuffisante et affirme la subjectivité comme relation.
Face à la montée des discours nationalistes ou essentialistes, la reconnaissance
de l’identité relationnelle devient une urgence politique : performer cette
identité, c’est affirmer une production de soi fondée sur la différence et la
pluralité, en résonance avec les pensées transféministes, antivalidistes ou
décoloniales.Les Rencontres ICE prolongent cette dynamique en plaçant la marge
au centre, selon l’expression de bell hooks. Elles rappellent la fonction
sociale et démocratique de l’art, non pour apporter des réponses définitives
mais pour ouvrir des pistes prospectives : spectacles, conférences performées,
interventions in situ, micro-performances, ateliers ou lectures élargissent le
répertoire des pratiques.Autoportrait aux nous : revalorisation des identités
exclues ou colonisées, réécriture de récits collectifs.Autoportrait aux iels :
stratégies queer et dissidentes du genre, hors des normes
hétéronormatives.Autoportrait aux tu : nouvelles parentés amicales, adelphiques,
sororales.Autoportrait aux j/e : écarts à soi et émergence d’identités
singulières et mutantes.« L’Autoportrait à » ne se contente pas de décrire : il
agit. Par sa performativité, il relie vie et art, révélant un continuum où
l’identité relationnelle n’est pas seulement représentée mais produite. L’art
devient ainsi un vecteur de transformation politique, esthétique et sociale,
ouvrant à de nouveaux modes de coexistence.
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