La fin du monde dure 30 minutes
- Auteurs: Camille Paulhan
- Éditeurs: ARCHIVIO
- Date de publication: 2026-10-13
- Pages: 56
- Dimensions: 170mm x 105mm
En janvier 1960, l’artiste suisse Jean Tinguely débarque à New York. Quelques
semaines plus tard, il installe dans le jardin du Museum of Modern Art (MoMA)
une oeuvre-machine, "Hommage à New York", censée s’autodétruire en trente
minutes. Sous les yeux d’une foule endimanchée, la performance dérape. Les uns
s’en amusent, d’autres s’en inquiètent. Ce qui s’est joué le 17 mars 1960 est
une tragi-comédie truffée de roues de vélos, de landaus et de vieux moteurs. Ses
spectateurs ont été à la fois les témoins d’une joyeuse mise à feu et les
complices d’une grave catastrophe. Le message de "Hommage à New York" n’a pas
pris une ride depuis 1960 : l’insouciance avec laquelle le monde court au
désastre est plus que jamais d’actualité. La longue déambulation de Camille
Paulhan au MoMA aboutit au soir du 17 mars 1960 à la « démonstration » de Jean
Tinguely, admise dans un monde où la destruction ne peut être que de l’ordre du
spectacle à muséifier. Mais "Hommage à New York" produit quelque chose de plus
fort qu’une destruction symbolique : un danger réel. Quelques-uns le ressentent
— comme les employés du MoMA qui ont vécu le drame de l’incendie du bâtiment
deux ans auparavant — mais beaucoup n’en ont pas conscience. L’attraction n’est
plus alors la défaillance de "Hommage à New York", mais le comportement de la
foule rassemblée dans le jardin du MoMA, petit échantillon étatsunien dans le
déni de la face sombre de l’American Dream incarnée par les machines
lucifériennes de Tinguely. Fondé sur les recherches de l’auteure dans les
archives du MoMA et du musée Tinguely (Bâle), "La fin du monde dure 30 minutes"
rejoint, par des routes fort différentes, le n°3 de « La vie privée des oeuvres
» ("Situation explosive !" de François Coadou) sur le terrain de la création
engagée dans les troubles de son époque. Avec le soutien du Centre national des
arts plastiques
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