La montagne de boue
- Auteurs: Rafael-José Diaz, Bernard Banoun
- Éditeurs: VANLOO
- Date de publication: 2026-10-13
- Pages: 104
- Dimensions: 150mm x 100mm
La montagne est la Mesa Mota, à Tenerife. C’est, dans la région, le lieu du
cruising, un spot où les homosexuels viennent chercher une rencontre éphémère.
42 poèmes en prose de Rafael-José Díaz pour une évocation, de ce lieu où il
venait tromper sa solitude, où on a tout à fait le droit de venir et pas tout à
fait le droit. Il y a chez Rafael-José Díaz la fascination des frontières
fragiles entre les choses ou les idées. Du présent habité de souvenirs,
d’apparitions déjà disparues, de traces qui semblent effacer l’objet même qui
laisse trace. La boue joue ce rôle, la boue dans laquelle s’enfonce la botte, la
boue qui vient happer, puis rendre peut-être l’objet, comme s’il venait de
naître. L’écriture est méticuleuse, précise, c’est que les choses dont il parle
ne sont jamais tout à fait ce qu’elles semblent être, un bruit de pas par
exemple, peut se trouver devant ou derrière lui, mais être aussi celui de ses
propres pas. Ou encore ces souches qui se multiplient par endroit, ce pourrait
être des traces de pas, mais venant de pieds frappant le sol par en-dessous de
la terre. La vie ici se loge dans un espace étroit, celui contenu,entre la vraie
vie et la pantomime. Ici, comme il dit, on fait semblant. On se dissimule pour
mieux se montrer, on se montre pour disparaître aussitôt. Dans ce lieu du désir,
on cache son désir, autant à l’autre qu’à soi-même. On n’a pas tout à fait le
droit d’exister. Ce « pas tout à fait » est le lieu de l’écriture.Toute la
recherche de Rafael-José Díaz à chercher la vérité de l’existence humaine dans
cette extrême précarité qui est le lieu même où se loge l’écriture.
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