Nocturama
- Auteurs: Lerma, Léa, Dumont, Angèle, Lebovici, Élisabeth, Facerias, Catherine
- Éditeurs: BURN AOUT
- Date de publication: 2026-09-15
- Pages: 136
- Dimensions: 210mm x 260mm
Léa Lerma et Angèle Dumont commencent ce travail en duo lorsqu’en pleine
pandémie, leur bande d’ami·es décide d’occuper un immeuble laissé vacant par la
Métropole de Lyon. L’aventure de ce lieu, renommé le Kluster, dure deux ans
avant que le bâtiment ne soit réquisitionné et que l’expulsion de
ses occupant·es ne soit ordonnée. Le Kluster était un lieu de vie et de fête,
mais aussi un espace où s’inventaient des manières de se lier à rebours des
injonctions de la société capitaliste, libérale et productiviste. La disparition
de ce lieu n’entame ni le besoin de cette bande d’ami·es de penser les formes
d’une vie collective, ni la volonté d’Angèle et Léa de continuer à documenter,
par la photographie, des manières d’exister qui s’inventent depuis l’amitié.
S’il nous semblait important pour raconter « Nocturama » de décrire le contexte
dans lequel le projet a émergé, les images et l’édition qui en découlent
dépassent toutefois le cadre initial du Kluster. Les différentes séquences du
livre montrent les mouvements, déplacements et recompositions de ce groupe dans
l’espace et dans le temps. Les individus elleux-mêmes ne sont pas les sujets du
livre : au gré des trajectoires, certain·es disparaissent, d’autres apparaissent
; certain·es traversent le livre de part en part tandis que d’autres n’y font
qu’une apparition. « Nocturama » s’attache moins aux personnes qu’aux liens —
d’amitié, d’amour, d’entraide entre les personnes photographiées et celles qui
photographient — et à la capacité des images à en témoigner. Le projet interroge
ainsi la fonction de l’image dans la construction d’un récit collectif et dans
l’économie affective d’un groupe. Léa Lerma et Angèle Dumont se rencontrent aux
Beaux-arts de Lyon (ENSBA) où elles font leurs études. Depuis 2020, année où
elles commencent à vivre ensemble, elles forment un duo de photographes. Ce
mélange de leurs pratiques et de leurs vies transforme pour elles la relation
traditionnelle du·de la photographe à son sujet et à lui-même. Si l’une ou
l’autre appuie sur le déclencheur, il leur arrive aussi d’apparaître dans les
images. Leur statut est mouvant : elles passent de celui de photographe à celui
de sujet, brouillant la notion d’auteurice. Travailler en duo ne signifie pas
prendre toutes les images ensemble : elles accumulent des photographies chacune
de leur côté puis réfléchissent ensemble à leur articulation. Leur travail a été
présenté dans diverses expositions, explorant à chaque fois de nouveaux
dispositifs de monstration pour le même matériel photographique. Depuis quelques
années, dans une approche influencée par le cinéma, elles produisent des
diaporamas dont le montage diffère selon les versions, qu’elles montrent à
Marseille, au Château de Servières et pendant le PAC (2024).
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